Émilie RENARD & Mathis COLLINS
Les faiblesses de l’art et de la magie

Binôme lauréat de l’appel Chroniques européennes, bourse de recherche et de production initiée par la Fondation Thalie et en partenariat avec la Fondation Hippocrène et la Camargo Foundation.

La recherche de Mathis Collins (FR) et d’Émilie Renard (FR) prend pied dans le théâtre de rue qui s’invente dans les foires, à Paris à la fin du XVIIe siècle, au cœur des rivalités entre la Comédie Française alias “la troupe du Roi” Louis XIV qui lui attribue le monopole du dialogue et la Commedia dell’arte dissidente, qui renouvelle les formes dialogiques en bravant la censure d’état. Ces écarts entre une culture centralisée, élitiste et une multitude de proto-contre-cultures vernaculaires sont pour eux des ressources iconographiques, narratives et méthodologiques pour observer des pratiques artistiques participatives, à la fois celles encadrées par des politiques d’éducation artistique et celles qui relèvent de pratiques de cocréations où un groupe, réuni par des circonstances communes, fait œuvre collective. Leurs investigations trans-disciplinaires, trans-historiques et trans-européennes prendront la forme d’un enchevêtrement de récits, transcrits dans une édition et une exposition de Mathis Collins dont Émilie Renard est la commissaire, au centre d’art La Criée à Rennes, à l’automne 2020.

Né en 1986 à Paris, Mathis Collins a réalisé ses études d’art entre Cergy, Metz, Montréal et Bruxelles avant de participer à Open School East à Londres. Sculpteur et performeur franco-canadien, il organise des ateliers collectifs et des manifestations publiques autour d’objets ou de pratiques artisanales populaires et grotesques qui tentent de repenser les modes d’exposition des arts populaires. Les sujets et les matériaux explorés dans son œuvre vont de la récolte du chêne-liège à l’ornementation d’une bouteille d’alcool, du guéridon de café à la chaussure de clown, des bas-reliefs polychromes aux Poulbots de Paris, de la caricature du Second Empire aux méthodologies d’éducation artistique expérimentales contemporaines. Ses oeuvres ont été montrées au Palais de Tokyo, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, à la Fondation Lafayette Anticipations, à la Friche Belle de Mai, à la Riijksakademie d’Amsterdam, à 1m3 Lausanne et à Longtang Zürich. Il est représenté par la galerie Crèvecoeur. Sa prochaine exposition se tiendra à 15 Orient (New York) en Avril 2020.

Curatrice et autrice depuis 2000, Émilie Renard, née en 1976, vit, travaille à Paris. Son axe de recherche prend appui sur le pouvoir de l’art à agir au sein des structures de l’imaginaire, pariant sur la puissance de l’expérience de l’art à transformer perceptions personnelles et représentations collectives. Elle a dirigé le centre d’art, La Galerie, à Noisy-le-Sec de 2012 à 2018. Dans un contexte institutionnel, elle a cherché à faire du programme du centre d’art un levier pour agir sur les relations esthétiques, sociales et symboliques entre les personnes qui l’animent : artistes, équipes, publics, partenaires. Dans une perspective féministe intersectionnelle, elle est attentive aux structures de pouvoir qui distribuent les rôles et scindent les pratiques, cherchant à relier ce qui est séparé au sein et autour des pratiques de l’art : le travail de l’art et son administration, les états majoritaires et les états minoritaires. Autres faits : de 2002 à 2010, elle a été corédactrice de la revue Trouble. En 2008 et 2009, elle a mené des recherches protéiformes sur les résurgences du mythe arcadien, avec un colloque/festival à l’ESAD de Saint-Etienne et dans la revue en ligne rosab.net #2 éditée par le CAPC, Bordeaux.

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